The Staggering Sword : La Renaissance

Le retour de l'épée élémentale de la foudre !
 
AccueilAccueil  PortailPortail  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Dieu dit : "Que la Lumière ne soit plus !"

Aller en bas 
AuteurMessage
Arsen Lapin
Cinq émeraudes
Cinq émeraudes
avatar

Nombre de messages : 163
Mot aux membres : : Et un bisou dans le cou, et un couteau dans le dos !
Date d'inscription : 18/03/2006

MessageSujet: Dieu dit : "Que la Lumière ne soit plus !"   Sam 18 Mar - 14:28

La Lumière disparaît soudain. Le silence se fait dans la salle.
« Toc toc toc toc toc toc toc » Sept coups retentissent. Seuls quelques rares impolis continuent de discuter.
« Toc ! » On leur demande de se taire.
« Toc ! » Ce n’est qu’à contrecœur qu’ils s’exécutent.
« Toc ! » Les spectateurs retiennent leur souffle.
Le rideau se lève. Deux projecteurs dissimulés illuminent la scène, où un homme se tient, seul, debout, dos au public.
- Eh, Lucien, c’est à toi ! Une voix étouffée parvient jusqu’aux premiers rangs.
- Mais ? Je n’interviens pas au début, moi !
L’homme se tourne vers le public.
- Pas toi, idiot !
- Chhht !
L’homme se racle la gorge, prend une inspiration puis commence :
- On m’a dit qu’un Loup se trouvait caché dans ce bois.
Il pris le fusil qui était attaché en bandoulière dans son dos.
- Je m’en vais de ce pas le chasser.
Puis il quitte la scène par la droite, le fusil au bras, prêt à tirer. Quelques secondes passent, puis une petite fille, toute habillée de rouge, jusqu’à la cagoule qui pend dans son dos, entre par la gauche, d’un pas léger et en chantonnant.
- La la la la la ... Je m’en vais au bois ...
- Mais non ! C’est « Un, deux, trois, je m’en vais au bois », lui intime la même voix chuchotée.
- Un, deux, trois, je m’en vais T’au bois ...
- Et gare au patakiès, continue la voix.
- Un, deux, trois, je m’en vais Z’au bois ... Quatre, cinq, six, cueillir des cerises ... Sept, huit, neuf, dans mon sac tout neuf !
- Dans mon panier neuf !
- Sept, huit, neuf, dans mon panier neuf !
Arrivée au milieu de la scène, la jeune fille s’arrête et commence à faire du surplace tout en continuant de bouger les jambes. Un grincement régulier se fait entendre.
- T’avais raison Domi, on aurait du huiler la roue, chuchote une voix, différente de la première.
- Chhht, le publique t’entends !
Des arbres arrivent par la droite, et le grincement s’intensifie.
- Et puis, on aurait pas du prendre des roulettes de vélo pour les arbres.
- Chut je te dis !
Les arbres arrivent à la hauteur de la jeune fille.
- C’est Mère-grand qui va être contente ! je lui apporte un pot de vin et une bouteille de beurre !
- Une bouteille de vin et un pot de beurre, corrige la première voix.
- Oui, bon, ça va, hein ! Si t’es pas content t’as qu’à le faire toi-même ! s’exclame-t-elle en se tournant vers la gauche. Ce faisant, elle s’arrête de marcher et tombe.
- $£%*#& de roue !
- Reste polie ! Et puis, ce n’est pas ma faute si tu ne connais pas bien ton texte, reprend la première voix, toujours chuchotant. Bon, on enchaîne.
Une minute passe, la jeune fille se penchant de temps en temps pour scruter les coulisses droites.
- C’est Mère-grand qui va être contente ! Je lui apporte un pot de beurre et un verre de vin ! répète-t-elle, plus fort.
- Lucien ! maintenant, c’est à toi !
- Je peux pas, je n’arrive pas à enfiler mon costume, dit une troisième voix.
- Tant pis ! Vas-y comme ça ! ordonne la première voix, toujours plus autoritaire.
De la droite entre un jeune homme asiatique, portant jusqu’à la taille un costume en fourrure dont le haut pend dans son dos, imitant un Loup. La tête traîne par terre. La fillette le dévisage, surprise.
- Hoho, cette jouvencelle ferait un parfait repas, dit-il d’une voie gaie en se tournant vers le publique. Puis il s’approche d’elle :
- Il ne fait pas bon se promener dans le bois, avec les créatures qui rôdent, ma jolie.
- Oui, ma mère m’a dit de prendre garde au Loup, répondit-elle, candide.
Le Loup se tourna de nouveau vers le publique.
- Il semble qu’elle ne m’ait pas reconnu. Profitons-en. Puis, s’adressant à elle : Et où vas-tu comme ça ?
- Je vais porter un pot de beurre et une bouteille de pain à ma mère-grand, répondit-elle en désignant son panier, recouvert d’un foulard rouge.
- Hum, je pourrais la garder pour le dessert en manger la vieille en plat principal, confia le Loup au publique.
- Que dites-vous ?
- Euh, rien. Je repensais à une recette de cuisine. Dites, ça te dirait qu’on fasse la course ?
- Ben, je veux bien, mais je n’ai pas trop le temps. Il faut que j’aille donner un pot de fleur et une bouteille de bain à ma mère-grand.
- Justement, justement. Si nous faisons la course jusque chez elle, tu y seras bien plus vite !
- Ah, oui, je n’avais pas vu les choses comme ça, reprit la petite d’une voix naïve. Bon ben, à tout à l’heure ! Ajouta-t-elle en partant en courant dans la direction d’où venait le Loup.
- Attends, attends ! Dis-moi au moins où elle habite !
- Ah, ça ! Vous ne pouvez pas la louper. Vous allez tout droit pendant, euh, environ un kilomètre, expliqua-t-elle en tendant le bras pour indiquer la direction, puis vous allez d’une dizaine de mètres à gauche et vous arrivez en plein devant sa chaumière !
- Euh, ton texte c’est pas « la louper », c’est « vous tromper », chuchota le Loup.
- Ouais ben, je fais des jeux de mots si ça m’amuse. Allez, bonne course ! Et elle repartit.
Le Loup se plaça face au publique.
- Hé hé, si elle croit qu’elle a une chance ! Je connais ce bois comme ma poche. Je vais prendre un raccourci. Et il disparut par la gauche de la scène.
Le rideau tomba. Un long couinement retentit, signe que les arbres quittaient la scène.
- Bon, Lucien, viens-là que je t’arrange ton costume.
- Non, ça va. C’était simplement la fermeture Éclair qui était bloquée, mais c’est réparé.
- Silence, vous deux ! s’exaspéra la première voix.
Le couinement repris, plus lent et plus fort.
- Eh, la mamie, tu pourrais descendre du lit quand on le déplace !
- Dis tout de suite que je suis grosse !
- Taisez-vous ! hurla la voix.
Un bruit sourd se fit entendre, comme si quelque chose était tombée.
- La porte ne tient pas debout !
- Et ben, reste derrière et tiens la !
Le rideau se releva enfin. Au centre, une vieille dame – le maquillage fait des miracles – était couchée dans un lit. À gauche, une planche de bois était maintenue debout par un homme tout de noir vêtu. Le Grand Méchant Loup qui avait réussi à enfiler correctement son déguisement, entra. Il frappa trois fois la planche.
- Qui est-ce ? demanda la vieille dame d’une voix chevrotante.
- Votre petite fille, répondu le Loup sur un ton aigu.
- Tire la bobine de chèvre, mon enfant.
- Non ! C’est « Tire la chevillette et la bobinette cherra » ! Faites un effort, souffla le souffleur.
- Oui ben, vous aviez qu’à me refiler un texte moins tordu, hein ! faut pas s’étonner si j’arrive pas à me rappeler de ça.
Le Loup s’éclaircit la gorge pour arrêter là la discussion. Il tendit la main vers le haut, s’étonna de ne rien y voir puis, poussa la planche qui s’ouvrit comme une porte avec un long grincement.
- Dites, on devrait sérieusement utiliser de l’huile, chuchota quelqu’un en coulisses.
- Mais non, ce grincement-là est voulu, andouille !
- Désolé, je n’ai pas eu le temps d’installer la chevillette, s’excusa l’homme en noir.
Le Loup se retourna :
- Tiens ! J’entends des voix, moi. Puis, se baissant vers l’homme en noir : je te rappelle que le publique n’est pas censé te voir.
- Approche-toi mon enfant, n’aies pas peur !
- Ha ha ha ha ha, rie le Loup de sa voix habituelle, je pense que si quelqu’un doit avoir peur ici, c’est toi, la vieille !
- Eh, oh, on ne vous a pas appris à ne jamais parler de son âge à une femme, jeune impoli ? répondit la vieille en question, avant de se reprendre : Ah non, pardon, je me suis trompé de texte. Voila le bon, ajouta-t-elle avant de se mettre à hurler de terreur.
Le rideau tomba, les grincements reprirent de plus belle et on entendit un grand « Bam ! ».
- Sonia, descend du lit ! Thomas, fais attention avec la porte, elle est fragile !
Le rideau se releva. La scène était remplie de pots de fleurs. La petite fille arriva par la droite d’un pas rapide.
- À cette allure-là, le Monsieur n’arrivera jamais avant moi, s’exclama-t-elle tout guillerette. Oh, les jolies fleurs ! Ce serait un crime de passer sans en cueillir quelques unes. Mère-grand sera contente si je lui apporte un bouquet en plus du sceau de beurre et de la bouteille de parfum.
À ces mots, elle déposa son panier par terre et rentra dans le champ que formaient les pots de fleurs. Elle se pencha et en ramassa une. Le pot se souleva avec elle, puis retomba en se cassant et en déversant son contenu de terre sur le sol.
- Mais non ! Prends les fleurs en plastiques ! s’énerva la première voix.
- En plastique ? Mais le publique va s’en rendre compte !
- Mais non ... Allez, tais-toi et contentes-toi de faire ce qu’on te dit.
Elle se pencha de nouveau, ramassa une fleur qui était couchée par terre, la ramassa, recommença son manège un peu plus loin, tout en se parlant à elle-même.
- Ah ! Qu’il fait bon de se promener en foret quand il fait encore jour ! Ces fleurs sont si belles quand elles reflètent la lumière !
Ironie du sort, ladite lumière s’éteignit à ce moment-là.
- Mais ? C’est pas prévu, ça ! s’étonna la petite fille.
- Euh, non, répondit la première voix, confuse pour la première fois. Je vais voir ce qui se passe. Continuez comme si de rien n’était. Il ne faudrait pas que le publique s’aperçoive qu’on a un problème ! Allez, on reprend !
- Continuer ? Tu en as de belles, toi !
Comme il ne répondait pas, elle répéta au bout d’un instant :
- Ah ! Qu’il fait bon de se promener en foret en plein jour ! Ces fleurs sont si belles quand elles reflètent l’obscu... la lumière !
Un silence passa.
- Je pense que quelqu’un devrait faire la narration, reprit une nouvelle voix. Le publique risque de ne pas comprendre se qui se passe.
- Moi, je veux bien !
- Bah vas-y.
- Euh ... « Un instant passa durant lequel le Petit Chaperon Rouge continuait de ramasser des fleurs, puis il quitta la scène par la droite. »
- « Elle quitta », souligna la nouvelle voix. C’est une fille tout de même.
- Oui, mais c’estle Chaperon. Donc, « Il quitta la scène. Le rideau tomba. »
Un silence s’écoula.
« Quand elle revint, On se trouvait de nouveau dans la maison de la vieille. »
- « ... de la mère-grand », souligna-t-on.
- Ouais ben, si tu es pas content tu le fais tout seul.
- Bah tiens ! « Quand elle revint, on se trouvait dans la maison de la mère-grand. Mais dons son lit se trouvait le Loup. Il portait les lunettes et le bonnet de la vieille dame. Le Petit Chaperon Rouge arriva par la droite, s’arrêta devant la porte et frappa trois coups brefs. »
« Toc ! Toc ! Toc ! » Trois coups brefs retentirent.
- C’est toi mon enfant ? dit une voix chevrotante.
« ... demanda le Loup d’une voix chevrotante. »
- Non ! C’est le petit Chaperon Rouge !
« ... répondit la fillette, qui aimait à rire. »
- Tire la chevillette et la bobinette cherra !
« ... expliqua le Loup, imitant la mère-grand. Sa petite fille attrapa une poignée devant la porte, la tira vers le bas, et la bobinette chera. »
- Pour ceux qui ne parlent pas le vieux français, ça veut dire que la porte s’ouvrit, traduit quelqu’un.
- Tais-toi, c’est moi qui raconte !
« ... donc, la porte s’ouvrit, et la petite fille entra. Elle ... »
- Bonjour Mère-grand, coupa la jolie voix de la petite fille, je t’ai apporté un taux de terreur et un bout de pain.
« ... annonça le Chaperon, qui décidément aimait jouer avec les mots », rattrapa le narrateur.
- Oh ! Que vous avez de grands yeux !
« ... s’étonna-t-elle en s’approchant du lit, au milieu de la pièce. »
La lumière revint avant que le Loup n’ait pu répondre. Il n’y avait ni lit, ni porte sur scène. Restaient les fleurs, que personne n’avait jugé utile d’enlever, le Loup, qui avait retirer son masque, le Chaperon et le narrateur, la bouche encore ouverte, les jambes se balançant au bord de la scène où ils étaient assis.
- Qu’est-ce que c’est que ça ? s’exclama la première voix.
Aussitôt, les trois acteurs se levèrent, deux hommes en noirs poussèrent le lit dont les roulettes hurlaient, tandis qu’un troisième arriva avec la porte sous le bras et une poignée à la main. Il se teint derrière la porte, tenant la poignée à bout de bras. Le Loup sauta sur le lit, la jeune fille couru se placer derrière, le narrateur quitta précipitamment la scène.
- C’est pour mieux te manger, dit le Loup qui ne s’était même pas glissé sous les couvertures.
« ... dit le Loup, toujours sous les couvertures. »
-Eh, il n’y a plus besoin de narration, la lumière est revenue, patate !
- Ah bon ? je croyais que c’était tes dents qui étaient faites pour me manger. Enfin, euh, ... Que tu as de grandes oreilles !
- C’est pour mieux t’entendre, mon enfant. Répondit-il. Et puis, les grands yeux c’était pour mieux te voir, euh, j’ai eu un lapsus. Pas révélateur du tout, hein.
- Oh ! Que tu as un grand nez !
- C’est pour mieux te sentir, mon enfant.
- Oh ! Que tu as de grandes dents !
- C’est pour mieux te manger ! gronda de plaisir le Loup en se jetant sur elle – ce qui lui était facile, étant donné qu’il n’était pas sous les couvertures.
- Ciel ! Je tremble de peur ! Euh ... ah non, je me suis trompé de texte. Euh, je ... ah oui, je me souviens ! c’est ...
Et elle hurla de terreur. Le rideau tomba. Un des projecteurs s’éteignit, et l’autre se fixa sur un jeune homme en costume cravate et chapeau haut-de-forme qui venait d’entrer.
- Voila venu le moment de l’entracte, annonça-t-il. Puis, désignant le fond de la salle : Il y a derrière vous une buvette avec vente de boissons, de gâteaux et de pizzas. Le spectacle reprend dans un quart d’heure.
Sur ce, il sauta lui-même au bas de la scène pour aller boire un coup, rejoignant les spectateurs qui se levaient tous d’un même mouvement.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.fanficsg.new.fr/
Arsen Lapin
Cinq émeraudes
Cinq émeraudes
avatar

Nombre de messages : 163
Mot aux membres : : Et un bisou dans le cou, et un couteau dans le dos !
Date d'inscription : 18/03/2006

MessageSujet: Re: Dieu dit : "Que la Lumière ne soit plus !"   Sam 18 Mar - 14:29

- Fin de l’entracte ! annonça Vico dans le micro. Rejoignez vos places, le spectacle va recommencer dans quelques instants.
Les spectateurs suivirent ces recommandations, gardant leurs parts de tarte ou de pizza pour les finir à leur place. Le rideau se releva. Les arbres étaient revenus sur scène, le brouhaha que faisait le publique ayant caché les grincements. Le chasseur du début sortit de derrière l’un de ces arbres, le fusil à la main.
- J’ai entendu quelqu’un crié par ici ... je vais demander à l’habitant de cette maisonnette s’il peut me renseigner, pensa-t-il tout haut.
Et il quitta la scène par la gauche. Le rideau retomba. Le couinement des roulettes des arbres ne dérangea personne, le publique s’y étant habitué. Lorsque le rideau se souleva, la pièce représentait la pièce familière de la mère-grand. Le chasseur apparut à droite, à côté de la porte. Les lumières s’éteignirent.
« Le chasseur frappa trois faibles coups à la porte. », narra le narrateur, car après tout c’était son rôle.
« Toc ! Toc ! Toc ! » Trois faibles coups retentirent.
« Il attendit un instant, puis comme on ne répondait pas, frappa trois autres coups, plus appuyés. »
« Toc ! Toc ! Toc ! »
« Bam ! »
- Eh, doucement avec ma porte, fit la voix de l’homme en noir, elle est fragile !
- On m’a dit d’appuyer mes coups !
- Silence, vous deux, leur intima discrètement la première voix, la plus autoritaire.
« Il n’y eu toujours aucune réponse »
- Bizarre, ...
« ..., songea le chasseur, ... »
- Je vais entrer et voir pourquoi on ne me répond pas. Euh ... comment fait-on ? Ah, oui. Il faut tirer la bobinette pour que la cheville cherre.
- Mais non, c’est « Il faut tirer la chevillette pour que la bobinette cherre. », rappela le souffleur en un murmure, vous ne vous rappelez vraiment de rien !
- Tu peux toujours causer, toi tu as les textes sous les yeux !
- Chut !
- Euh donc, ...
« ..., reprit le chasseur, ... »
- Il faut tirer la chevillette pour que la bobinette cherre. Puis, en chuchotant : Quel texte stupide, n’empêche.
« Il tira donc la chevillette et la bobinette chera. Puis il entra dans la pièce et s’approcha du lit. Dedans se trouvait le Loup, portant toujours les lunettes et le bonnet de la grand-mère du chaperon. Il y avait une étrange bosse au niveau du ventre. »
- Oh non !
« ... s’exclama le chasseur, ... »
- Il a mangé le propriétaire. Hum, mais peut-être n’a-t-il pas finie de digérer, ...
« ..., pensa-t-il tout haut. »
- Hum, Geoffroy,
« ..., se dit-il à lui-même, ... »
- C’est le moment d’appliquer ce que t’as appris ta mère en couture.
« Ce dit, il enleva les couvertures du Loup et le tira au bas du lit. »
On entendit des bruits de froissements, de friction, un nouveau « Bam ! » et la voix du Loup retentit.
- Aïe !
- C’est pas dans ton texte, ça ! Tu es censé dormir !
- Peut-être, mais tu m’as fait mal. Et puis, tu n’es pas obligé de faire ça, de toute façon il n’y a plus de lumière, les spectateurs ne voient rien.
- Tu as bien vu ce qui s’est passé tout à l’heure. Tu ne t’étais pas plein à la répétition ! Et parle moins fort, ajouta-t-il en chuchotant, les spectateurs t’entendent.
- Bon, ça va. Mais je peux y aller en marchant. Le sol était moins dur à la répétition.
« Le chasseur tira le lit au bas du loup, donc, et le traîna jusqu’à la porte. Là, il s’arrêta. »
- On fait comment pour ouvrir cette satanée porte de l’intérieur ? Ah, il y a une autre chevillette à chérer pour que la bobinette se tire. Et il ajouta, en un soupir : Je la trouve pas !
- C’est pas grave, le publique ne voit pas, répondit la première voix, dont on sentait qu’elle ne pouvait plus supporter les événements.
- D’accord. Euh, donc, j’ouvre simplement la porte. Mais ... je ne la trouve pas non plus !
- Elle est tombée, imbécile ! hurla la voix, hors d’elle.
- Ah, oui. Euh, Donc ... enfin, je quitte la scène, quoi.
« Le chasseur quitta la scène, traînant tant bien que mal le Loup qui avait effectivement un ventre anormalement gros. Le rideau tomba. »
On entendit encore un long et fort grincement, qui ne passa pas inaperçu malgré les rires qui jaillissaient ça et là du publique, échappant à des spectateurs qui n’en pouvaient plus.
« Le rideau se releva, faisant apparaître une belle clairière qui abritait un cours d’eau.
- Mince ! J’ai oublié de mettre le décor !
Les rares spectateurs attentifs reconnurent le bruit d’une échelle qu’on pose contre un mur, puis un deuxième bruit identique, celui d’une barre de fer posée sur les poutres en bois, puis celui de quelqu’un qui trébuche en étouffant un juron, celui d’une échelle qui tombe, la longue plainte d’un homme chutant et enfin le doux son de sa réception douloureuse sur le sol.
- Le cours d’eau ! J’ai oublié de mettre les robinets !
Encore le son d’une course, de robinets trop serrés qu’on ouvre, et d’eau qui coule à flots. La personne qui avait ouvert lesdits robinets avait du elle-même trébucher car les jurons recommencèrent en même temps qu’on entendis un bruit sourd. Pour couronner le tout, la lumière revint. Au fond de la scène, une barre de fer soutenant un décor était placée en oblique, l’un de ses bouts étant accroché en haut et l’autre touchant le sol, révélant à moitié le décor précédent, celui de la chambre où s’était déroulé le drame. Sur la scène se tenait l’homme chargé de la porte, en train de tenter d’étrangler un autre homme en noir qui était tombé, justement, sur cette porte, tandis que deux personnes, portant également les habits sombres, se démenaient pour se décoincer d’une échelle. Du haut de l’autre, quelqu’un se mit à crier qu’il n’osait pas descendre et qu’il voulait qu’on l’aide. On ne laissa même pas à la première voix le temps d’avoir une crise cardiaque, car les premiers rangs se mirent à crier qu’il y avait une inondation – on avait oublié de placer la bassine au bas de la scène, pour recueillir le cours d’eau. Dans les coulisses, quelqu’un eu la présence d’esprit de baisser le rideau. Le narrateur jugea nécessaire de s’emparer du micro afin de couvrir le chahut qui régnait dans la salle.
« Donc, apparut une belle clairière qui donnait sa source à un cours d’eau. Le chasseur apparut, traînant difficilement le Loup. Il sortit une très grande paire de ciseaux. Il se pencha vers son prisonnier, toujours étendu à terre, et entrepris de découper son ventre. Lorsque cela fut fait, quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il se rendit compte que ce n’était pas la mère-grand qui en sortait mais le Petit Chaperon Rouge ! La vieille dame n’apparut qu’après. »
- Tu devrais peut-être préciser le trucage, sinon les spectateurs ne vont pas comprendre comment deux acteurs peuvent sortir du ventre de Lucien.
- Bah, ils auront compris que le costume était uniquement rembourré de coussins et qu’il était posé sur une trappe.
- Et que lorsqu’il faisait semblant de découper le ventre, il se contentait d’ouvrir la fermeture Éclair ?
- Certainement. Maintenant laisse moi finir.
« Une fois la mère-grand sortie, le chasseur s’adressa aux deux femmes. »
Un silence s’écoula.
- Stephan, je pense que Lucien – pas le Loup, l’autre – n’est pas en état de prononcer son texte.
- Oui. Tu devrais le faire à sa place.
- Mais, je n’ai pas son texte !
- Improvise. C’est ce que je fais, moi.
- OK. Euh ... et je dois leur dire quoi exactement ?
- Laisse tomber. On va demander au souffleur, finalement. Valérian ?
- Excusez-moi, mesdemoiselles ? fit le souffleur, à voix haute, cette fois.
- Que puis-je pour vous, mon bon Monsieur ? répondit la voix chevrotante de la mère-grand.
- Y a-t-il quelqu’un d’autre dans le ventre du Loup ?
- Qu’est-ce que c’est que ce texte ? chuchota l’interlocuteur de Stephan.
- La minute comique de la pièce. Remarque, au point où on en est, on aurait pu s’en passer, lui expliqua le narrateur, soupirant.
- Oh, non. Nous étions déjà assez serrées à deux. Et qu’est-ce qu’il faisait froid !
- Je vous remercie. Dans ce cas, je vais pouvoir refermer. Mais avant ...
« Il se dirigea vers le fond de la scène, d’où il revint en portant une grosse pierre. Il la mit dans le ventre du Loup. »
- Avec les coussins ? reprit son interlocuteur.
- Mais non, les deux dames les ont retiré avant de sortir !
« Il recommença son manège, bientôt rejoint par la jeune fille. La mère-grand, quant à elle, se plaignit de son dos qui la faisait souffrir quand elle portait quelque chose. »
- J’aimerais bien vous aider, intervint la voix de la vieille dame, mais mon dos me fait souffrir quand je porte quelque chose.
- Oui, oui, on sait. Euh, je veux dire, « De toute façon, nous avons terminé. »
« Il sortit d’une poche une bobine de fil et deux aiguilles. »
- Ah, là, par contre, si vous voulez coudre, je peux vous aider !
- Non, merci. Ma mère m’avait appris quelques trucs.
« Et il fit mine de recoudre le ventre du Loup. Malheureusement, au bout de cinq minutes, la bobine était entièrement déroulée mais le ventre ne s’était pas refermé d’un seul centimètre. »
- Finalement, j’accepterai bien votre aide.
- Tu m’étonnes. Euh, enfin, « avec plaisir ».
« Elle prit le matériel, s’agenouilla près de la dépouille et le travail fut fait en moins d’une minute. »
- Et voila !
« Le rideau tomba. »
« Lorsqu’il se releva, les trois personnages étaient partis mais le cadavre était toujours là. Cadavre qui, justement ... »
Le rideau se releva. La scène avait été débarrassée. Le décor avait été remis, mais les robinets avaient été refermés. Le Loup se releva. Il n’avait rien d’un cadavre, sinon qu’on avait l’impression que ses poches étaient remplies de cailloux. Il faillit retomber.
- Ouh la la ... Je me sens lourd ... mais qu’est-ce que j’ai ?
Il s’approcha de la rivière – si l’eau ne coulait plus, le Loup se trouvait sur une estrade, alors que la rivière était à même la scène. Il se pencha.
- Tiens ? Mon reflet est bizarre, comme si j’avais mangé des cailloux. Pourtant, je ... aaaah !
Et il tomba dans la rivière. Le rideau tomba. Le personnage au costume cravate et au haut-de-forme s’approcha sur le devant de la scène.
- Et voila, la pièce est finie.
On entendit un raclement, un « Oh, hisse ! » puis le rideau se rouvrit. Le publique applaudissait.
- Dans le rôle du Petit Chaperon Rouge, Marion ! annonça le présentateur.
La jeune fille s’avança vers la droite de la scène.
- Dans le rôle du Loup, Lucien !
Le Loup se plaça à côté d’elle. Comme lors de sa première apparition, le haut de son costume traînait derrière lui.
- Dans le rôle de la mère-grand, Sonia !
La jeune fille, démaquillée, apparut.
- Dans le rôle du chasseur, Lucien !
Il se plaça à côté de Sonia.
- Pour le, euh, narrateur, Stephan !
Stephan, vêtu normalement car il n’était pas acteur, se tint debout à la gauche de Lucien.
- Le souffleur, Valérian !
Lui aussi portait un habit de tous les jours.
- Et n’oublions pas, sans qui le spectacle n’aurait pas été possible : Thomas, Dominique, Yoann, Yoren et Guillaume, chargés du décor, ...
L’homme à la porte et les quatre autres en noirs se placèrent à côté des acteurs.
- Vlad, qui a pu, tant bien que mal nous ramener l’électricité malgré la panne qui affectait toute la ville, et enfin Vico, le metteur en scène !
Vlad fit clignoter les lumières pour signaler sa présence à l’arrière de la salle et Vico vint prendre le micro.
- Sans oublier Raphaël, le présentateur !
Puis tous deux rejoignirent la chaîne qui salua plusieurs fois en une vague qui allait de leur gauche vers leur droite. Les applaudissements reprirent de plus belle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.fanficsg.new.fr/
 
Dieu dit : "Que la Lumière ne soit plus !"
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» 2010-11: Equipe de Virus : "J'ai glissé chef, cool rasta"
» "Les gobelins sont dans la panade" Escarmouche Warhammer (05/04)
» Le calendrier S.42 ("édition 9 de la CDR")
» Gamebox "Le Lion et l'Epée"
» Partie Wh40k "il faut sauver le Prophète Rhyann"

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Staggering Sword : La Renaissance :: Salle des créations :: Vos écrits-
Sauter vers: